La capture

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Elle déambulait dans les rues chichement décorée pour la fête nationale. Elle croisa des centaines de gens et pas un ne la regarda, ne lui sourit ou pire encore, ne lui adressa un salut. La jeune femme se sentit profondément seule et invisible. Elle croisa une de ces beautés solaires, avec de longs cheveux noir d’encre, bouclés, cascadant sur une peau délicatement dorée par le soleil. Cette apparition riait gracieusement avec une de ses amies, tout aussi magnifique. C’étaient elles qui avaient les regards, les sourires et les paroles chuchotées. La jeune femme baissa le regard, par peur d’être éblouit, comme une taupe fuyant les rayons de l’astre. Elle aurait préféré être un tournesol. Elle passa rapidement près des beautés, les frôlant, à un souffle de les bousculer. Elles ne s’en rendirent même pas compte. La jeune femme sentit des larmes picoter ses yeux et elle pressa le pas pour retourner chez elle.

Il lui fallait un plan. Quelque chose qui lui permettrait de ne plus être une simple plante verte dans sa vie, elle ne voulait plus être une spectatrice. Suivant la cadence de ses pas, ses pensées fusaient et elle réfléchissait à un moyen d’obscurcir ces beautés afin de ne plus vivre dans leur ombre. Son esprit se noircit d’idées dangereuses et terriblement efficaces. Aurait-elle le courage de se montrer sous son vrai jour ?

*

Elle se leva de son lit, regarda une dernière fois sa robe dans le miroir et elle sortit, fermant son appartement à clé.
Elle ne partit pas tout de suite et resta le front collé à la porte en bois. Le doute avait réussi à passer les portes de son mental. Ce qu’elle venait de faire, ce qu’elle venait d’enfermer derrière cette porte changera la face du monde et elle en était seule responsable. Seule et unique responsable. Quel poids pour des épaules si frêles, si rêveuses !

Elle se tapa le front contre la porte pour se remettre les idées en place. La douleur la fit vaciller un instant mais la conforta dans son projet. Elle ne reculerait pas. Elle se remit bien droite, épousseta un peu sa robe bariolée et, d’un pas déterminé, se dirigea vers la sortie de son immeuble. Elle poussa les lourds battants des deux mains et dut plisser un peu les paupières à cause du soleil gris. Plantée sur le perron de l’immeuble, emmitouflée dans son manteau vert, elle contempla l’univers désormais en noir et blanc. Maintenant, on ne verrait qu’elle. Elle, et sa robe bariolée, et ses cheveux blonds, et ses talons hauts. Maintenant elle ne serait plus invisible.

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