Le printemps prend ses aises

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Sylve se réveilla ce matin là d’excellente humeur, le corps reposé et serein. Elle prit le temps de s’étirer et de sentir le moindre de ses muscles, encore endormis, s’éveiller. Elle était vêtue d’un teeshirt kaki et d’un paréo rouge. L’ensemble jurait à merveille mais elle s’en fichait, ce n’était pas le jour pour se préoccuper de ce genre de détails. Au contraire, sa tenue incongrue lui mettait du baume au cœur. Elle s’extirpa de sa tente et embrassa le paysage d’un œil vif. Devant elle s’étendait une vaste plaine où l’on distinguait, loin sur l’horizon, de petites maisons en bois. Derrière elle, la forêt était illuminée par les rayons du soleil rebondissant sur la rosée matinale. L’air sentait encore la terre humide, mêlé aux délicieuses effluves des arbres alentours.

Sylve sentait son temps se réduire peu à peu, elle le sentait s’enfuir sans pouvoir l’arrêter. Ce fleuve impétueux se recroquevillait sous l’assaut des secondes impitoyables. De toute façon, elle ne souhaitait pas empêcher cette fuite, c’était ainsi. C’était son destin et celui de l’ensemble de l’humanité. La jeune femme se fit la réflexion qu’elle avait bien fait de choisir cet endroit pour camper. Son seul regret fut que Nila n’ait pu l’accompagner. Elle aurait adoré partager cette douceur printanière avec elle. Sylve saisit sa gourde et but une dernière gorgée d’eau fraîche, prélevée la veille à la rivière. Promenant sa langue sur ses lèvres, elle récupéra les gouttes d’eau solitaires restées en suspension. Sylve se sentit alors enfin prête pour affronter sa journée. Elle ôta d’un geste déterminé ses vêtements légers et elle frissonna de plaisir lorsque la brise caressa sa peau dénudée et offerte. Son temps s’échappait de plus en plus et elle vit alors poindre son premier regret, celui de ne pouvoir continuer à faire l’amour avec le vent.

Toutefois ce ne fut que passager, un sourire franc naquit sur ses lèvres. Sans hésiter, Sylve prit le chemin de la forêt. Aucune branche ne la griffa, leur contact était doux et respectueux. Elle retrouva la rivière où elle s’était abreuvée la veille. Plutôt étroite, l’eau se faufilait avec joie dans son cours, sautant sur les pierres avec entrain. La jeune femme se sentait bien, régénérée … complète. L’endroit était parfait et il l’acceptait. Son temps touchait à sa fin.

La jeune femme nue s’installa à proximité du torrent et ferma les yeux de ravissement. Elle plongea ses pieds dans le sol et la terre s’insinua entre ses orteils. Une brise plus tard, un magnifique jeune tremble offrait son ombre aux poissons.

A l’image de ses pairs, son temps était venu.

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