Le chant du vieux fou (XV)

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Chaque semaine je participe au défi d’Olivia Billington, ravie de pouvoir continuer l’histoire dans laquelle je me suis lancée.

Voici un petit résumé : Un mystérieux cataclysme, mêlant tempêtes et explosions nucléaires, a ravagé le monde. Alors que la terre se déchirait, une étrange enfant aux oreilles pointues et aux cheveux pâles vit le jour. Ainsi naquit Morgane, que ses parents voulurent protéger en s’enfuyant au cœur de la montagne. Vingt-ans après, le nourrisson a grandit bon gré mal gré à cause des privations de leurs conditions de vie. Amoureuse de sa forêt rachitique, Morgane aime s’y promenant contre l’avis de ses parents. Elle était loin de se douter qu’au milieu de cette forêt vide de vie, elle trouverait une sculpture de bois, dont l’existence même heurtait l’écoulement tranquille de sa vie.  Peu de temps après cette étrange découverte, elle rencontra Nanouck, jeune garçon solitaire accompagné de son loup blanc, Amarok. Après la mort de ses parents, elle décida de l’accompagner et de le suivre dans sa quête d’une mystérieuse ville où la brume ne dévorerait pas les poumons des gens. Celle-ci s’avèrera moins calme que prévu.

Ils rencontrèrent sur leur chemin Vaiana, une jeune fille solaire et elle aussi porteuse d’un pouvoir étrange qui lui permet de connaître l’histoire d’un objet seulement en le touchant.

*

Ils attendirent que la pluie battante se calme, dans une discussion amicale à demi-voix. Les questions personnelles se dérobaient, laissant place à une atmosphère plaisante. L’orage apaisé, la petite troupe guidée par Vaiana reprit la route. Ils longèrent les remparts en ruine, jonchés en quelques endroits par des détritus. Ils débouchèrent sur les vestiges d’une grande porte en pierre, miraculeusement debout. La voûte, mystérieusement noircie, ne semblait tenir qu’à un fil. Ils pénétrèrent dans la ville, arpentant des ruelles tortueuses et encombrées, avant de rapidement se retrouver au pied du palais éventré. Il était grandiose, plus préservé que tout ce que Morgane avait pu voir depuis le début le début de son avenir. Qui avait pu y habiter ? Quelle était son histoire ? Vaiana l’ignorait, comme tous les vagabonds de ce lieu rajouta-t-elle.

La lumière des torches environnantes chatoyaient sur le ciel bas obstrué par les nuages. Morgane se serait bien allongée pour profiter de ce tableau quasi-mystique, songeant à sa forêt bien aimée qui se serait tant épanouie sous ces couleurs caramel. Néanmoins, la voix sucrée de Vaiana la tira de sa rêverie éphémère et Nanouck lui agrippa le bras pour l’emporter dans leur marche. Elle écouta à peine la discussion qui se tissa entre ses deux compagnons, préférant abandonner sa main dans la douceur du pelage d’Amarok. Si les arbres manquaient à sa sérénité, cette ville l’enveloppait. Morgane était apaisée, malgré leur chute les pierres lui semblaient invincible. Et le palais ! Quelle merveille ! La jeune femme était sous le charme de ses lignes ainsi que par l’alignement hypnotique des merlons et des créneaux. Au pied du géant, un immense fuselage éventré étincelait de petits feux follets. La jeune femme discernait sans mal des silhouettes humaines en son sein.

– Baisse les yeux, on nous regarde.

La voix de Vaiana, anormalement sombre, la bouscula. Hébétée, Morgane promena son regard de droite à gauche avant de suivre son ordre, rougissante. Des individus la dévisageaient sans vergogne, les lèvres pincées. Elle sentit Nanouck se glisser à ses côtés, sans un mot. La solitude de leurs derniers jours lui avaient fait oublier son étrangeté. Elle était la seule à avoir des cheveux aussi blancs et des oreilles pointues. Les humains autour d’elle étaient plein de nuances, tant éloignées d’elle. Malgré leurs vêtements élimés et leur maigreur, tous semblaient être unis par un détail transcendant qui lui échappait. Morgane, elle, détonnait. Elle ne ressemblait à personne.

La présence solaire de Vaiana les protégeaient. Elle évoluait au milieu de cette méfiance avec adresse, distribuant salutations et attentions à ceux qui croisaient sa route. Elle présentait ses nouveaux compagnons tout en s’informant sur l’existence de la ville mystérieuse. Lorsqu’on l’interrogeait sur ses raisons, elle répondait invariablement par un rire franc.

– Quoi de plus que ma curiosité naturelle ? Je ne vais pas rester ici toute ma vie tout de même !

– Et qu’est-ce que je deviendrais moi ? Ma meilleure cliente sur les routes !, lança un vendeur de beignets croustillants, quelque peu désabusé par la nouvelle.

– Je ferais le plein de tes friandises si appétissantes avant de partir bien sûr ! Et si des dieux habitent cette ville, ils en deviendront fous. Tu vas devenir célèbre ! Bisou bisou !

Les discussions sautillaient, pétillantes de joie. La méfiance des gens envers Nanouck et Morgane, tout comme leur peur d’Amarok, fondait face à ce soleil aux cheveux sombres. Morgane était fascinée par la jeune femme qui, en plus de posséder un drôle de pouvoir, avait cette capacité magique à chasser l’ambiance morose. Même la brume semblait s’effacer devant elle.

– Bon, allons-nous installer dans ma cache, annonça Vaiana.

– On ne cherche plus ?, s’étonna Nanouck ?

– Plus besoin, les graines sont semées ! Il n’y a plus qu’à attendre que l’information viene à nous. On aura le temps de faire connaissance !

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