Le prix du jeune écrivain

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En ce moment, côté écriture j’ai délaissé un peu mes romans (entre écriture, réécriture et corrections, ils sont tous trois en stand-by) pour me concentrer sur le Prix du Jeune Écrivain qui approche à grands pas. J’aime y participer depuis deux ans car les fiches de lecture sont, dans l’ensemble, plutôt bien. Malheureusement, les littératures de l’imaginaire y ont peu de place …

Cette année, j’ai eu envie d’écrire quelque chose parlant de la Polynésie Français, mon fenua adoré. Du coup, je suis partie sur une uchronie, avec la réécriture de la vente de Tahiti aux français pour un peu d’argent, de l’alcool et un titre honorifique. On a fait plus glorieux comme épisode historique hein !

Petit extrait !

[…]

Même à cet instant, pratiquement au cœur du Pacifique, elle ne voyait que trop peu la voûte céleste. Le bateau d’acier, bâtit de multiples rouages, transperçait vulgairement les flots, vomissant au-dessus d’elle le brouillard qui lui permettait d’avancer. Nul silence ne venait s’abattre sur le bâtiment une fois le soleil plongé dans la mer, la ferraille travaillait inlassablement à grands bruits, grinçant et chuintant à tout instant. Cette modernité l’accablait d’autant plus que son esprit était tiraillé entre la joie de revoir ses frères, sa patrie et le deuil qu’elle portait sur sa robe, la plus simple qu’elle avait pu trouver. La métropole était si loin qu’elle n’avait pu assister aux funérailles royales de Pomare IV, sa mère, Reine de Tahiti. Le Commissaire avait dû faire un discours, regrettant hypocritement l’absence de la princesse alors qu’il avait manigancé son départ. La jeune femme imaginait sans peine les Français applaudir poliment. Le cadavre royal à peine froid, toute leur attention était déjà tournée vers Teratane, le prince héritier. Pomare IV n’était pas appréciée, surnommée cyniquement « le roi » de Tahiti, son pouvoir effrayait et son entêtement agaçait. Une femme ne pouvait pas diriger ! En outre, elle avait toujours refusé les voitures à vapeur que le gouvernement français voulait lui offrir, préférant se déplacer à pied ou à cheval. Elle ne voulait pas vivre comme en métropole, elle voulait vivre à la tahitienne. Teriimaevarua se souvint des yeux voilés de honte lorsque sa mère leur racontait la signature de l’accord de protectorat, au terme de deux ans de guerre. Si elle avait pu faire ses propres choix, ils étaient minimes. Cette signature honnie cachait en son sein tout ce que Teriimaevarua avait vu à Paris : des machines si grandes qu’elles pouvaient écraser les hommes. Jusqu’à quand Tahiti resterait-elle aussi libre que l’océan ?

[…]

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