La fièvre du samedi soir (I)

Par défaut

La genèse de cette histoire est un pari lancé par mon compagnon : « j’ai envie que tu écrive une histoire avec une petite culotte perdue ». Défi relevé !

**

Ce fut la clarté matinale qui réveilla Hugo. Les rayons du soleil naissant filtraient au travers de la toile de tente. Encore imbibé d’alcool, le jeune homme s’étira comme un chat ankylosé. Il était plongé dans un brouillard de douceur et d’euphorie et ne cherchait pas à s’en dépêtrer trop brusquement. Une vague de félicité le traversa comme une onde de chaleur, sans raison apparente. Hugo se sentait terriblement entier et vivant. Il prit soudainement conscience de sa nudité et tenta d’extraire de sa mémoire une explication à ce tableau. En vain. Cette dernière continuait de tranquillement cuver dans un coin de son esprit. Un mal de crâne le titillait et ce fut en portant ses mains à ses tempes, avec le désir vain de le soulager, qu’il remarqua la culotte bleue échouée entre ses doigts. Sa présence pouvait-elle expliquer son sentiment de quiétude ? Sa nudité ? Hugo demeura interdit. Le tissu était incroyablement léger, d’un bleu étrange. En retournant le sous-vêtement dans tous les sens, dans une quête d’un indice qui lui permettrait d’identifier sa propriétaire, Hugo perçut l’absence d’uniformité de la couleur. Passant du turquoise à l’azur, c’était un arc-en-ciel de bleu que le jeune homme tenait dans sa main. Il n’avait jamais vu un tel prodige.

Il s’habilla rapidement, en prenant soin de glisser la culotte dans la poche de son jean avec l’espoir que ses comparses de soirée reconnaîtraient le mystérieux vêtement. Hugo sortit de sa tente avec précaution, limitant au maximum les déplacements brutaux. Laver sa hutte de fortune un lendemain d’ivresse n’était pas son objectif premier ! L’air marin fut la première réalité qui l’enveloppa. La Méditerranée était là, immuable, s’alanguissant sagement sous le soleil. Hormis quelques tentes, des cadavres de bouteilles et un feu de camp mourant, la plage de Salin-de-Giraud était déserte. Plus sauvage que mannequin, elle n’attirait pas pour ses attraits. Elle était l’humble collier ornant la naissance de la mer.
– Salut mec. Bière ?
Comment lutter contre une nuit difficile ? Continuer sur la même lancée que la veille. Hugo hocha la tête et vint s’échouer aux côtés de son ami.
– Dis Alex, demanda-t-il après une gorgée, j’ai pécho hier ?
– Non, je crois pas. Pourquoi ?
Pour toute réponse, le jeune homme sortit la culotte bleue. Son ami siffla d’admiration.
– Tu saurais pas à qui elle appartient ?
– Malheureusement non, et si je l’avais su, c’est moi qui me serais réveillé avec, crois-moi ! Tu devrais la faire essayer à toutes les femmes du Royaume, comme dans le contre, lança-t-il das un éclat de rire.
Hugo se joignit à son hilarité et les deux amis trinquèrent avec enthousiasme.

Publicités

Bla ? Blablabla !

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s