Archives de Catégorie: Poésie

En attendant que file le temps

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Elle ne voit plus le soleil se lever

Le nez perdu dans ses liasses de papier,

Angoissée,

Ankylosée.

 

Il se dessine un nouveau tournant

Face contre terre, en pleurant

Face contre ciel, en chantant,

Et c’est l’inconnu qui danse dans le vent.

 

Elle attend le souffle coupé

Ses secondes qui s’étiolent en éternité,

Libérée,

Délivrée.

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Un jour d’été

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Un livre abandonné,

Aux pages cornées,

Gisait au côtés

D’un thé délicatement infusé.

 

Et le soleil !

Quel soleil !

 

Franc, charmant, illuminant

Notre appartement

De ses reflets chantants.

 

Et il suffisait que tu ries

Pour que je ronronne de vie.

 

Que rajouter à ce tableau ?

Le souffle d’un oripeau ?

La nudité de ta peau ?

 

Et le soleil !

Quel soleil !

 

Il apporta une petite main potelée

Surmontée d’un regard de fée

Qui ne voulait plus voler.

Elle transforma ces petits bonheurs en grande vérité.

Le miroir

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T’es qu’un con !

Même pas mignon !

T’es bête,

Comme tes chaussettes !

 

Des rires éclatent en trompette.

 

Partout le même refrain

Sans fin.

Partout les mêmes mots.

 

Zippo !

 

La poubelle s’enflamme, brûle,

Et les gens qui hurlent.

Enfin.

Bien fait !

Bien fait !

 

C’est la haine

Qui coule dans ses veines,

Rien ne l’arrêtera, il n’a pas de peine.

Même pas de veine.

 

Il s’en fout, il détruira.

On lui a toujours dit qu’il était fait pour ça.

Heureusement qu’ils étaient tous là,

Grâce à eux il a pu trouver sa voie.

L’obsession du jardinier

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Le jardinier,

Si amoureux de ses arbres adorés

Le jardinier s’est brûlé

De la tête aux pieds

Lorsque la foudre est tombée.

 

Contemplant cette jeune femme élancée,

Tombée du ciel étoilé,

Son désir se mit à monter,

A le chatouiller.

Le vert fut oublié

C’est un sourire rosé qu’il arborait.

 

Mais son amour resta dissimulé

Fragilisé

Face à la puissance des branches nouées.

Son attention était toute attrapée

Concentrée vers le feuillage privilégié.

 

Il n’y avait nulle place pour les cheveux mordorés,

Et le jeune homme aliéné

Oublia ces yeux qui flânaient.

Ia ora na fenua

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Je devine cette île en filigrane dans ses yeux
Peignant mille et un paysages merveilleux
Qui l’enivrent et la rendent inaccessible.
Ma seule main pour la retenir, mes doigts dans ses cheveux
Princesse intrépide, ne m’oublie pas
Perdue dans tes souvenirs, reviens moi
Reviens te blottir dans mes bras.
Je n’ai rien pour toi, seulement des rêves d’avenir
Et une promesse indestructible :
Sur ton île tu retourneras rire
Ô ma belle princesse maorie.

Divines caresses

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Ton corps dans cet étroit bureau,
Ton courage qui brise les barreaux,
Tu arrives à déverser ces cauchemars qui ronge ta peau.
Ses paroles comme du pipeau
Se transforment en maux.

 

De l’eau

 

Ce mot honni que tu n’arrives pas à souffler,
Articuler
Donner,
Former,
Livrer,
Bataille dans ton esprit abandonné.

 

Ce n’est pas ton histoire, celle d’une amie
Que tu veux aider en venant ici,
C’est tout, c’est rien tu me dis.
Ne me mens pas ma jolie
Ces horreurs sont inscrites dans ton lit.

 

Les masques se troublent, se mélangent.

 

Vers qui se tourner
Pour ne pas perdre pied ?
Pour ne pas s’oublier au détour d’une croisée ?
Ton bras en écharpe m’a broyé.
Qui est le père, qui est l’amant … Qui est aimé ?

De guerre lasse

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Tes mots résonnent de mort et d’abandon

Tes épaules s’affaissent, le temps se fait long

Et pourtant jeune fille tu es là, devant moi,

Testant mes forces et mes limites, tu instaure ta loi.

Tu déroule ta vie, tes souvenirs

Mais je le sens, tu me dissimule le pire.

Des images rouges luisent sous ton cuir.

Tes pas sont vains, pleins de fureur

Ton statut te hante : apatride ! Apatride !

Et dans tes yeux sans rides

Dansent des corps débordant d’horreur

Qui te contemplent avec aigreur.

Ils murmurent que tu as été enlevée

Ou que tu as lâchement fuit vers la paix

Mais en leur sein nulle trace de respect

A leurs yeux tu te baigne dans le péché.

Oublie les ma jolie, oublie cet abandon

Qui viole ton sourire écrasé sur le goudron.

N’attend pas le leur, trouve ton propre pardon.