Comédie du Livre 2014

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L’an dernier, je racontais brièvement ma rencontre avec Yasmina Khadra. Cette année encore je récidive et je suis allée, pour la quatrième fois, me balader dans les avenues de la Comédie du Livre. Comme d’habitude, j’avais des objectifs, et comme d’habitude je ne les ai pas atteints.
Je croyais pouvoir rencontrer Jean-Louis Fetjaine (aka le Dieu de mon adolescence, celui qui a transformé en passion mon amour pour la légende arthurienne) mais malheureusement il n’était pas présent le dimanche. Je pensais alors pour me consoler ramener de la littérature nordique, mise à l’avant cette année (avec de vrais morceaux d’islandais, de danois ou encore de norvégiens avec des noms imprononçables). Là encore, loupé.

A la place j’ai ris avec Mathias Malzieu, qui a rougit quand je lui ai dis que j’avais tout ses livres, tout ses CDs et que je l’avais vu en concert (ALO UI CER GROUPI). On a échangé des blagues, j’ai failli chouiner en voyant les mots personnalisés et mignons qu’il m’a écrit, et j’étais tellement émue que j’en ai oublié de lui demander la permission de prendre une photo avec lui.
Puis je suis allée voir Cyril Massarotto, quelques mètres plus loin. Un auteur sympathique que j’ai découvert avec le très agréable Dieu est un pote à moi. J’ai pu ainsi découvrir qu’il avait publié d’autres livres (coucou je vis dans une grotte). Au-delà des cheveux longs, j’ai découvert un homme très sympathique, qui m’a fait une charmante dédicace et qui s’est avéré être un ami de Malzieu. Combo de la journée !

Bref, une Comédie toujours agréable malgré le temps gris. Je regrette l’annulation de dernière minute de Fred Vargas. Mais encore une fois, je quitte ce salon en serrant des livres d’une valeur inestimable contre moi, quelque peu rêveuse à l’idée, d’un jour, d’être de l’autre côté de la table.

En attendant que file le temps

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Elle ne voit plus le soleil se lever

Le nez perdu dans ses liasses de papier,

Angoissée,

Ankylosée.

 

Il se dessine un nouveau tournant

Face contre terre, en pleurant

Face contre ciel, en chantant,

Et c’est l’inconnu qui danse dans le vent.

 

Elle attend le souffle coupé

Ses secondes qui s’étiolent en éternité,

Libérée,

Délivrée.

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Petites nouvelles !

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Beaucoup de bonnes nouvelles se sont enchaînés ces trois-quatre derniers jours (alors que j’étais en train de suer sang et eau sur mon dernier dossier de diplôme haha), du coup je vous fait un petit article pour tout résumer !

 

– Il y a quelques temps j’ai été contactée par l’équipe de Ben et Joss. J’ai été étonnée mais aussi touchée, car ne connaissant pas cette plateforme (honte à moi !), je ne les avait pas sollicité. De tout ça en ressort une belle découverte, ainsi qu’une jolie interview où je raconte n’importe quoi (comme c’est étonnant). Ce site un peu O.V.N.I, aux couleurs chaudes, met en avant chaque mois des artistes de tout horizons : peinture, photographie, musique, arts plastiques … et écriture ! Et c’est bien dans cette catégorie que vous pouvez me retrouverez, avec un texte publié mensuellement (inédit ou non, j’ai proposé les deux !). Ce mois-ci, ce n’est pas un inédit puisque « La balade en diagonale » a été publiée il y a quelques temps dans le webzine Le petit pâté illustré. Une bonne raison pour le redécouvrir ?

 

– Mon texte « L’élagueur », que j’avais soumis pour le Prix Pépin qui récompense les meilleurs textes courts en SF (300 signes espaces COMPRIS)(oui oui, j’insiste)(parce que c’est un peu dur quand même), fait partie des 70 finalistes pour le prix du public ! (sur près de 900 initialement) Grosse ambiance dans mon petit coeur quand je m’en suis rendue compte ! Du coup, si l’envie vous prend, leur page Facebook explique le mode de vote (par mail, avec sélection de 3 pépins obligatoirement pour que le vote soit valide).

Voici le sus-nommé :

« Il traversa la forêt holographique, les mains habillées de gants magnétiques. D’un geste souple du poignet, il fit tomber une branche qui disparut à peine le sol effleuré. Il ne grimpait plus, il caressait la cime du monde avec ses doigts. »

(et plus tard je vous présenterai les autres textes que j’avais soumis, qui sont malheureusement restés dans le vent !)

– Et enfin, et non des moindres, une de mes nouvelles est retenue par le comité de lecture du webzine Corbeau pour leur prochaine publication !

L’été* démarre sur des chapeaux de roues !

(* : oui, été. Il fait déjà plus de 25° chez moi. Et ce depuis 3 semaines *ronronne*)

Sornettes ou vérités, recueil de nouvelles du PJE

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PJE, késako ? Le Prix du Jeune Ecrivain, auquel je participe depuis 3 ans. Sans grand succès pour l’instant ! Mais les retours qui m’ont été fait m’ont toujours aidé, que ce soit pour progresser ou pour comprendre que les retours ne sont pas paroles d’évangile et sont profondément subjectif, surtout selon les habitudes de lecture d’une personne.

Bref. Chaque participant reçoit le recueil des nouvelles primées lors du concours de l’an passé. Celui de l’année dernière, Icare et autres nouvelles, ne m’avaient franchement pas emballé. Je crois que je ne l’ai même pas fini. Celui de cette année par contre, quelle joie ! Des nouvelles dynamiques, originales, maîtrisées avec des thèmes qui me parlent. J’ai repéré quelques noms que j’allais suivre (et en bonne fille de mon temps, je les ai tous googlisé pour trouver leur site/page quand ils en avaient une).

Bref, un modeste retour pour peut-être vous donner également envie de vous y plonger !

– Sornettes ou vérité ?, d’Erika Szewski

Le style est impeccablement maîtrisé, peut-être trop comparé à l’âge du narrateur au début du récit. Cela n’a pas été trop dérangeant dans la lecture. Je me suis attaché au narrateur, avec l’envie de découvrir la fin de son jeu aux allures de « Cap ou pas cap » de Jeux d’Enfants.

– Le fantôme de l’Escaut, de Carl-Keven Korb

Une nouvelle servie par une style remarquable. Pour ma part, les passages de l’histoire en latin m’ont dérangé : je n’y ai trouvé aucun lien avec la guerre (ainsi que l’origine du personnage, qui est québecois) et, de ce fait, ils donnent sans le vouloir un côté prétentieux au récit. J’ai eu l’impression, en tant que lectrice, d’être mise de côté. Une note de bas de page aurait été la bienvenue !

– Loup et Rouge, de Muhammad Aqiil Gopee

Ici la nouvelle se déploie comme une réécriture du Petit Chaperon Rouge. Et j’adore les réécritures du conte, donc c’était très agréable à lire. Le point de vue de la réécriture est plutôt intéressant en plus, il ne me semble pas en avoir déjà vu par rapport à ce conte (et je ne peux vous en dire plus, de crainte de vous spoiler !)

– Gamin, de Annabelle Moulin

Ma nouvelle coup de coeur. J’ai adoré. J’ai savouré tous les mots, agencés avec beaucoup de talent. L’histoire est celle de la rencontre entre un soldat et un enfant soldat d’un pays en guerre. La seule pour laquelle j’ai corné des pages pour recopier des passages, notamment ces quelques phrases :

 » Au fond de tes yeux se reflètent les battements de ton coeur. C’est la peur qui cogne. »

« Je les déteste, tous ces petits cons qui jouent à la guerre. Comment peut-on jouer à la guerre ? De quel droit ? »

– Barbe blonde, de Laure Didry

Une magnifique réécriture de Barbe bleue, servie par un style aérien et des décors épurés.

– Si la pluie, de Laurence Lanier

Cette nouvelle parle d’une rencontre, avec beaucoup de douceur et d’empathie. Les personnages bien dressés et je m’y suis attachée. L’écriture et l’histoire m’ont fait pensé à Alexandre Jardin, ce qui est de ma part un compliment ! Ma deuxième nouvelle coup de coeur.

– Saoirse, ou les voiles de la liberté, de Gabriel Abou Adal

Le thème, la course du Vendée Globe, est intéressant, plutôt original. Je crois bien que c’est la première fois que je lis une histoire de voiles qui n’ait pas comme personnages principaux des pirates. La nouvelle est bien menée mais c’est surtout la fin, et son message, qui m’a plu.

– Un tour au Birere, d’Augusta Barnabee Hakamineza

Sans dire que cette nouvelle n’a pas d’histoire, elle présente une tranche de vie plutôt qu’une fiction. Cette nouvelle est intéressante pour son côté voyage et découverte, mais sans plus.

– PGV, de Wendkouni John Steve Kaboré

Violente et sans concession, cette nouvelle sur le conflit rwandais happe par ses mots et ses nuances. Troisième coup de coeur.

– A propos du sel sur tes lèvres, d’Ethel Karksens

Une histoire d’amour contrariée, sympathique dans le fond mais la forme m’a un peu dérangé à certains moments (notamment les phrases très longues, pour donner un style oral au récit).

– Le manteau, de Manon Malais

L’histoire est très originale ! J’ai beaucoup aimé la place qu’occupe le vêtement dans la vie du personnage principal, et tout ce qu’il peut cristalliser. Ses accents de fantastique font plaisir. Néanmoins, j’aurais aimé un peu plus de matière, de déroulement dans l’histoire.

– La cordelette, de Guillaume Mélère

Je suis restée un peu à côté de l’histoire de cet homme étrange dont la difficulté à monter un store le plonge dans une certaine folie. Je n’ai pas réussi à y rentrer, tout en reconnaissant la beauté du style.

– Marcher dans tes pas, de Marie Schneider

Cette nouvelle aborde, au-delà de l’histoire d’une rencontre amoureuse, une réflexion chouette sur le désir, le mystère, le manque. Un texte qui sent l’océan et que j’ai beaucoup apprécié.

– Et il en fut ainsi, de Laurine Thizy

Troisième coup de coeur pour cette nouvelle très onirique et bourrée de symbolisme. C’est un style que j’apprécie énormément. Le parallèle avec Adam et Eve transparaît, il est reconnaissable, mais sait se faire discret et permet à l’auteure de dévoiler sa vision, son histoire.

Nous sommes les comics

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« De même, vouloir faire croire que le lectorat des comics ne se limite ou ne concerne qu’un pan de l’humanité est une belle idiotie. » Exactement, et en tant que lectrice de comics, voir une adolescente avec des seins (mais surtout un ventre) pareil ne me donne absolument pas envie de me pencher sur l’histoire.

The Lesbian Geek

A une époque où l’on se permet de basher sans scrupule et de menacer de viol une éditrice aussi respectable que Janelle Asselin (parce qu’elle a « osé » émettre son avis sur la couverture du reboot -du reboot- des Teen Titans dans un article publié chez CBR avec un titre qui ne laissait aucun doute sur son point de vue : Anatomy of a bad cover) et où certains sites spécialisés toute nationalité confondue ne réagissent où ne condamnent aucunement de tels propos sous couvert de cette sacrée liberté d’expression dans leurs espaces réservés aux commentaires, je me demande parfois pourquoi je continue à promouvoir un médium dont une grosse partie s’acharne à se tirer des balles dans le pied en se conduisant comme un adolescent qui cache ses magazines porno sous son matelas.

BOOBS

Don’t judge a book by their boobs

Tout d’abord Janelle Asselin ce n’est pas n’importe qui. Ce…

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Jusqu’au bout du pinceau

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« Pourquoi tu dessines ? ». Cette question, en apparence simple, je l’entendais régulièrement : mes profs, en cours ; mes amis, en soirée ; des inconnus indiscrets, dans la rue. Et mes parents quand, en soupirant ils se demandaint ce qu’ils feront de moi. Une fille, pas même femme, abonnée aux emplois alimentaires à temps partiel, qui a choisis de se marier avec sa passion. Et cette union, mes parents le savent, n’est pas très fertile en ce qui concerne la maternité.

Depuis quelque temps, je prends confiance en moi. Cela se remarque peu, pour le reste du monde je continue d’être cloîtrée, ailleurs. Pourtant, je peins désormais. Je troque mes crayons contre une matière plus éternelle et mes croquis se transforment. Ils chantent mieux sous mes doigts, leurs formes ronronnent parés de leurs nouvelles couleurs.

Ainsi, il paraîtrait que je n’ai aucun problème. Je serais comme protégée par mes pinceaux et mes tubes de gouaches, flottant naïvement au-dessus du monde réel. Pourtant, perdue dans mes rêveries, l’atterrissage est difficile. Je suis ivre d’une réalité qui échappe à mon entourage, pour qui elle ne serait qu’une chimère. Il m’arrive de ne pas dormir pendant plus de quarante-huit heures pour finir un tableau. Quel sens peut-on donner à mon acte ? Cette torpeur qui m’entrave lorsque je ne trouve pas la couleur parfaite équivaut bien à une fin de mois difficile. Non ?

Voilà vingt-trois jours que je suis perdue dans mes mélanges, à analyser chaque nuance de mes pigments. En vain. Je cherche et je ne trouve pas. Ma toile reste abandonnée, près de la fenêtre, souffrant de son inachèvement. Vingt-trois jours que je vivote, feuillette de nombreux magasines photos en quête d’inspiration. Cette couleur existe, elle vit donc bien quelque part, sur cette Terre ! Qu’importe le nombre de kilomètres que je devrais parcourir pour pouvoir la figer !

*

Dans une tentative d’aération de l’esprit, je me suis laissée convaincre par Lise, une amie, de prendre part à une randonnée avec des gens que je ne connais pas. Elle me mijote une surprise, je le vois à son regard taquin. Malgré mon scepticisme, je me surprends à prendre goût à cette escapade. Leurs discussions superficielles m’enveloppent et me tirent de mon habituel monde de silence. De plus, je dois bien admettre que le cadre environnant favorise le lâcher-prise. Nous parcourons une belle forêt, traversée par un sentier de terre qui, parfois, se transforme en sable blanc. C’est incongru et Lise appelle cela le « Colorado Provençal ».

– Marie ! Dépêche-toi ! La voilà ta surprise ! Viens voir !

Grisée par la voix rieuse de mon amie, j’accélère mon pas. Un peu essoufflée, je finis par déboucher à l’orée du bois, prête à railler Lise pour son empressement enfantin.

Mais la stupeur me cloue sur place. Ma couleur, mon évadée, me fait face. Dans toute son immensité. Elle grimpe vers le ciel en colonnes de terre. Un rouge orangé. Elle s’alanguit contre le sable, amoureuse. À moins que cela ne soit un orange flirtant avec le rouge ? Le jaune me saute devant les yeux, léger, presque invisible et pourtant explosif. Je sens à peine la main de Lise sur mon épaule. Le paysage me dévore. Ma couleur me séduit. Je fais un bond dans le passé, il y a vingt-trois jours. Lorsqu’une jeune femme, en centre-ville, a croisé mon regard. Son épaule m’avait frôlé et là, devant moi, sa chevelure miroitait au soleil.

Mes mains tremblent. Quelque peu sonnée, je m’assois. J’ôte mon sac en bandoulière et je cale mon cahier de croquis sur mes genoux. Ma palette de peinture à même le sol, je saisis mon pinceau. Le toucher m’apaise instantanément. Mon cœur se ralentit. Je souris, à ma place. Le regard droit, ainsi parée de mes armes, je me plonge dans les ocres aux allures de mon inconnue.

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Bribes de quotidien

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En ce moment, c’est le désert, je n’arrive pas à écrire. Il y a un mois j’avais le stylo qui frétillait mais je manquais de temps. Là j’ai du temps disponible mais le stylo est parti se planquer. Mon esprit me trolle. Formidable ! Je continue à avoir pleins de petites bribes d’idées, que je jette grossièrement sur le papier pour ne pas oublier, mais c’est très frustrant de ne pas arriver à dépasser ce « blocage » pour les élaborer un peu plus. Mis à part les corrections pour mes deux nouvelles du PJE, je n’ai pas fait grand chose.

Du coup je profite de ce temps pour faire ce que je ne peux plus faire à loisir depuis mon entrée en formation, comme lire. Je suis plongée actuellement dans une agréable anthologie de SF. Particularité ? Les auteur sont tous roumains ! Très intéressant, et certaines nouvelles m’ont particulièrement touché. Par contre, l’ouvrage subit sa vieillesse et certaines traductions de phrases sont plus qu’approximatives.

Bref, je m’en vais supplier les dieux du stylo de revenir dans ma vie !

Un jour d’été

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Un livre abandonné,

Aux pages cornées,

Gisait au côtés

D’un thé délicatement infusé.

 

Et le soleil !

Quel soleil !

 

Franc, charmant, illuminant

Notre appartement

De ses reflets chantants.

 

Et il suffisait que tu ries

Pour que je ronronne de vie.

 

Que rajouter à ce tableau ?

Le souffle d’un oripeau ?

La nudité de ta peau ?

 

Et le soleil !

Quel soleil !

 

Il apporta une petite main potelée

Surmontée d’un regard de fée

Qui ne voulait plus voler.

Elle transforma ces petits bonheurs en grande vérité.

La fièvre du samedi soir (suite et fin)

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Plutôt qu’un essayage en règle sur les fesses de toutes les femmes des environs, qui se révélerait sans aucun doute une entreprise trop compliquée, Hugo se mit en tête d’interroger le monde entier sur ce mystère. Son enquête ne mena à aucun résultat probant. Le jeune homme arpenta le village à la recherche de ses compagnons éphémères pour, à chaque fois, leur poser la même question : « étais-je accompagné hier ? ». Toute la journée il se faufila entre les vieilles maisons de briques rouges et remonta les allées ombragées de platanes. Il entendit continuellement les mêmes rengaines : « tu étais seul », « aucune fille ne t’a dragué », « tu as trop picolé mec ! ». Il se hasarda même à demander si ce n’était pas un homme qui l’avait renversé la veille au soir. Un homme fantasque qui aurait porté un joli sous-vêtement. Après tout ? La vie est expérience ! Toutefois, là encore, Hugo se heurta à un mur de négation, avec en cadeau des regards distants.

Il traîna longuement dans les rues lasses du village, où le temps semblait s’être suspendu depuis plusieurs décennies, sans trouver l’ombre d’une réponse. Seul le Mistral semblait l’accompagner sur l’asphalte.

La culotte bleue et son insaisissable propriétaire l’avaient hanté toute la journée. Il revint sur la plage dépeuplée. Face à lui, la mer semblait se moquer de sa quête absurde. Pourquoi s’attachait-il tant à trouver une réponse ? Il avait joué les apprentis détectives et n’avait récolté que des sourires en coin, un peu moqueurs. Pourquoi ne pas simplement profiter de cette sensation éphémère, grisante, qui l’avait saisi à son réveil ? Hugo n’arrivait pas à accepter ce mystère, la réalité de la délicate culotte bleue l’obsédait. Elle reposait entre ses doigts, à le narguer avec son existence tangible qui lui rappelait la béatitude du matin, celle qui ne ressentirait plus jamais s’il ne trouvait pas à qui ce vêtement appartenait. Instinctivement, son corps frémit sous le souvenir diffus d’une extase.

Qui s’était donc glissé dans son lit ? Dépité, un tantinet vexé par son échec, le jeune homme lança la culotte dans l’eau. À son contact, celle-ci explosa en une gerbe d’écume. Estomaqué, Hugo resta sans voix face à ce prodige. Un vent brûlant, surgissant du large, se leva pour l’envelopper chaleureusement. Caressant, le souffle gorgé d’embruns se lova dans son cou, puis s’infiltra sous son tee-shirt pour glisser sur son torse. Il frissonna sous ce contact étrange qui ne faisait que descendre de plus en plus bas, semblant vouloir ôter le bouton de son jean.

– C’est pas croyable …, murmura-t-il.

Avec le sourire serein de celui qui a trouvé des réponses, Hugo courut dans les bras de celle qui l’avait enivré la nuit précédente.